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Les métiers et commerces à travers le temps

Les boulangers

Selon nos premiers renseignements, la présence d’un boulanger à Cassagnes date de l’année 1881.
Avant son arrivée, les Cassagnols se passaient depuis toujours de ce commerce car ils faisaient eux-mêmes leur pain familial et quotidien avec le blé récolté dans leurs champs. La farine était ensuite produite au moulin du Régatieu. Les très nombreux fours à pain individuels, recensés dans le village, témoignent de cette époque révolue. La quasi totalité de ces fours a aujourd’hui disparu mais quelques rares subsistent au détour d’une rue, dans une maison ou bien les anciens se souviennent qu’à tel ou tel endroit, un four existait. L’étude de ces fours à pain à Cassagnes, des aires de battage, les "Hyères", ainsi que du moulin du Régatieu fait l’objet d’un autre dossier.

 

Ainsi donc, le boulanger tendait à remplacer à lui seul toute cette activité quotidienne.
L’histoire ne nous dit pas si le premier boulanger utilisait encore la farine produite au Régatieu ou bien s’il "l’importait" déjà depuis les nouvelles minoteries de la plaine.
Quoiqu’il en soit, le boulanger pouvait faire le pain directement dans ce lieu que l’on appellera dorénavant : Le fournil.
On connaît bien sûr celui d’aujourd’hui, situé à l’angle des rues des Géraniums et des Hirondelles qui a été modernisé au fil des années mais deux autres fournils plus anciens ont existé ailleurs.
A partir des documents d’archives mais surtout grâce aux témoignages des Cassagnols, voici les différents boulangers qui se sont succédé au village.

 

François Massé. 1881-1882.

Dans le recensement de la population pour l’année 1881, on note la présence d’un boulanger nommé François Massé, né à Cassagnes en 1853. Il était le frère aîné de Sylvain, le père de Ludovic Massé. On le retrouve également l'année suivante, en 1882, dans un document notarial.
Nous ignorons l’emplacement de sa boulangerie, de son fournil, ni même s’il continua l’activité longtemps. On ne trouve aucune trace de lui dans les archives ni même d’un autre boulanger à Cassagnes avant 1901.

 

Henri Cardus. 1901-1912.

Le premier boulanger vraiment connu est un certain Henri Cardus, âgé de 25 ans en 1901. (1876-1956).
Le fournil et le domicile étaient situés en bas de la rue de l’Agly, dans l’actuelle maison située au N° xx.
Auparavant, cette maison appartenait à Joseph Bourreil "Catala". En 1880, ce dernier construisit la maison actuelle située rue du camp Gran et vendit son ancienne maison à Henri Cardus, quand ?, qui y installa la boulangerie, quand ?.
La dernière mention de la famille Cardus est l’année 1912 (Naissance état civil de Cassagnes). Il est probable qu’ils soient partit s’installer à Latour de France où l’un des enfants (Jean, né en 1912) y sera d’ailleurs boulanger pendant longtemps.
Aujourd’hui, le propriétaire actuel se souvient qu’on lui avait parlé qu’effectivement un fournil et une boulangerie existait bien ici. Il se souvient également du pétrin, aujourd’hui disparu. Dans cette maison, il existe toujours un petit "finestrou" par lequel la boulangère pouvait voir de sa cuisine venir les clients qui entraient dans la boutique.

 

François Delonca. 1911-1914.

En 1911, un jeune Cassagnol âgé de 25 ans, tente lui aussi l’aventure et s’installe comme boulanger dans le bâtiment situé à l’actuel N°4 rue des Capitelles. Il s’appelle François Delonca, père de René mais malheureusement, mobilisé en 1914, il sera tué quatre ans plus tard, quelque part en Champagne, laissant le commerce à l’abandon.
Durant la courte période où il exerça et avant son mariage en 1912, c’était sa jeune sœur Marinette qui l’aidait pour aller vendre le pain avec le cheval et la charrette à Bélesta (déjà !).
La maison où il exerçait, inhabitée depuis de très nombreuses années, existe toujours et a la particularité de conserver le fournil tel qu’il était lors de sa dernière utilisation en 1914.
Une visite s’impose.

 

- Devanture de la maison.
- xx photos -

 

La taille.

Sans que nous en ayons la preuve formelle, les ménagères cassagnoles de cette époque, devaient utiliser le principe de la "taille" qui fut en vigueur jusqu’à la guerre de 14.
Le boulanger se faisait généralement payer au mois, suivant ce système qui consistait à entailler une règle en bois ou tablette fendue en deux. La partie où était inscrit le nom du client était gardée par le boulanger, l’autre par le client lui même.
Quand le client recevait un pain, le boulanger faisait simultanément une encoche sur les deux pièces. Enfin, quand le boulanger décrétait que la taille était "pleine", il demandait à être payé.

 

Durant une longue période s’étendant de 1914 à 1929, aucun boulanger n’est mentionné à Cassagnes. Néanmoins, faute de documents, il est possible qu’un commerce ait existé durant toutes ces années. La date réelle de l’installation du nouveau boulanger reste pour l’instant inconnue.
Il est probable également, mais cela reste à confirmer, que c’est à cette époque que l’ancienne forge, appartenant aux héritiers Barraut, fut transformée en fournil et que le propriétaire loua les locaux pour qu’un nouveau boulanger puisse s’installer. Ce fournil est celui que nous connaissons aujourd’hui, au coin des rues des hirondelles et des Géraniums.

 

Roch Briu. 1929-1937.

Ainsi, un nouveau boulanger put venir à Cassagnes en la personne de Roch Briu, d’Estagel.
Durant la période où il exerça et à cause de petites rivalités politiques, le boulanger de Latour, Joseph Vendreil (droite) montait vendre son pain pour faire de la concurrence à notre boulanger local (Gauche, Pro conseil municipal). Le boulanger de Latour portait également le pain à Montalba. Plus tard son frère François pris la suite.
La famille Briu quitte Cassagnes en 1937.

 

Laurent Foulquier. 1937-1939.

Après le départ de la famille Briu, c’est un jeune boulanger de l’Aude, Laurent Foulquier, qui s’installe avec sa femme. Mobilisé en 1939, il est remplacé provisoirement par un boulanger retraité d’Ille réquisitionné pour faire le pain. D’après les infos recueillies, ce serait Benjamin Barraut qui l’aurait fait venir et Aline Poumès qui servait le pain.
Laurent Foulquier fut fait prisonnier et le resta pendant toute la durée de la guerre.
Profitant de la place vacante, un autre boulanger viendra s’installer au village.

 

Michel et Anna Pujalt. 1940-1950.

Ils ont la cinquantaine, lui espagnol naturalisé Français, né en 1888, elle née en 1894.
L’immatriculation au registre du commerce a été faite le 12 mars 1940 : N°486 chronologique, 24967 analytique.

 

A la fin de la guerre, Laurent Foulquier, libéré, serait venu reprendre sa place de boulanger à Cassagnes mais le couple Pujalt aurait refusé de partir. L’affaire serait passé devant les tribunaux, donnant finalement gain de cause à Michel Pujalt. A confirmer.

Les témoignages concordent pour dire que l’hygiène n’était pas à son plus haut niveau. Des poules côtoyaient les clients et certaines venaient même picorer les grains sur le comptoir !

Chaque famille faisait des fagots de sarments destinés au boulanger et le fournil.
Ces fagots étaient entreposés soient aux Hyères ou bien dans les cortals.
Jusqu’à cette époque, les boulangers qui s’étaient succédé étaient locataires de la maison d’habitation. En décembre 1949, les héritiers Barraut vendirent la maison et le couple Pujalt acheta l’ensemble.

 

Dominique et Marguerite Aubert. 1950-1979.

Après quelques mois seulement, Michel Pujalt âgé de 62 ans, quitte Cassagnes avec sa femme et met en vente le fonds de commerce ainsi que les locaux. La vente fut faite en mai 1950 à un jeune couple et ses 2 enfants, originaire de Caramany : Dominique et Marguerite Aubert.

 

Ils avaient un employé, un mitron, du nom de Pierre Kilburg, époux de Ginette Dabat.

Avant que n’arrivent les appareils électriques et fours de cuisine, les villageois portaient souvent au fournil et en fin d’après-midi, des pommes de terre avec la peau et dans un plat. Ils allaient les rechercher le soir.
Les jours de fête, on passait déjà commande de gâteaux.

 

Les tournées :
Cassagnes a, depuis des années, la particularité d’avoir un boulanger alors que ses voisins immédiats tels que Bélesta et Caramany, Planèzes ou Rasiguères n’en n’ont plus depuis longtemps.
Déjà dans les années 60, avec sa Dauphine, Marguerite livrait le pain à Cuchous, Pleus, La Pere Drete, Caladroy, le mas Baillete, parfois à la Jouliane mais aussi à Bélesta et Caramany.

 

En 1972, la boulangerie est transférée dans les locaux de la nouvelle épicerie que Dominique et marguerite viennent d’ouvrir. C’est la boutique que nous connaissons aujourd’hui.
Dans le courant de l’année 1979, Dominique et Marguerite prennent leur retraite et laissent le commerce à leur fils et belle-fille, Christian et Marie-Claude.

 

Fournil avec Dominique et Christian.
- xx photos -

 

Christian et Marie-Claude Aubert. 1979-2009.

Ils continueront de faire la tournée mais uniquement à Bélesta et Caramany.
Christian et Marie-Claude prennent leur retraite en juillet 2009 et le commerce est vendu à Charles Sire, un enfant du pays.

 

- Juin 2009 – Christian au comptoir.
- Boulangerie vue de dehors.
- xx photos -

 

Charles et Carmen Sire. Depuis 2009.

Depuis le 1er juillet 2009, Charles Sire a remplacé Christian au fournil, secondé par sa femme Carmen à la boutique. Il relèvera sans aucun doute le défi de continuer à régaler les Cassagnols de bons pains, de croquants, de croissants et autres pâtisseries.
Côté logement, ils louent les locaux au dessus du fournil appartenant toujours à la famille Aubert.
Ils continuent à faire la tournée à Bélesta et à Caramany. Les ventes se font sur la place avec la camionnette.

 

- Juillet 2009 -

Carmen, Charles et Christian devant la boulangerie-épicerie.

La relève est assurée …